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samedi 8 mars 2008

Emploi et social


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SALAIRE -

Les femmes cadres sont les premières victimes de discriminations salariales[ 06/03/08 ]

L'écart salarial entre les hommes et les femmes s'élève à 17 % chez les cadres, selon une étude publiée hier par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec).
Mais les différences sont beaucoup plus faibles dans les fonctions (DRH, juridiques) où le taux de féminisation est élevé.

Chez les cadres, les écarts de salaire entre hommes et femmes atteignent 6 % pour les moins de 30 ans, contre 38 % pour les 55 ans et plus.
Elles ont beau gagner plus que les autres salariées, les femmes cadres subissent les plus fortes discriminations par rapport aux hommes, même si la situation s'améliore progressivement. L'Insee l'avait déjà noté lors de sa récente enquête intitulée « Regards sur la parité », en faisant état d'un écart de salaire moyen de 27 % entre hommes et femmes chez les cadres, contre 23 % pour l'ensemble des salariés (« Les Echos » du 21 février).

L'étude publiée hier par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), à l'occasion de la Journée de la femme du 8 mars, précise l'ampleur de ces discriminations, métier par métier.
En 2007, la moitié des hommes cadres ont touché un salaire supérieur à 45.000 euros.
Chez les femmes, ce niveau médian ne dépasse pas 38.400 euros, soit un écart de 17 % entre les deux sexes.

Les interruptions de carrière (maternité, etc.) et le niveau de responsabilité n'expliquent pas tout : si l'on considère un homme et une femme ayant les mêmes caractéristiques (âge, expérience), occupant le même poste et travaillant dans le même type d'entreprise, l'écart atteint encore 7 %.
Les femmes rattrapent toutefois leur retard à mesure qu'augmente leur présence dans les métiers d'encadrement. Entre 1974 et 2004, la part des femmes est ainsi passée de 25 % à 32 % et la différence de salaire moyen a été ramenée de 31 % à 27 %, selon l'Insee.
Peu de sanctions
Rarement sanctionnées par les inspecteurs du travail, les discriminations salariales varient selon les secteurs.
Elles sont d'autant plus faibles que le métier s'est féminisé.

Ainsi, l'écart de salaire le plus important (36 %) se trouve dans la fonction production, où les hommes occupent près de neuf postes sur dix.
Alors qu'un écart de 5 % est observé dans les ressources humaines, où les femmes représentent sept cadres sur dix.

Les fonctions juridiques et fiscales affichent même des écarts quasi nuls.
Le taux de féminisation y est de 68 % et l'écart de salaire de 3 %.
Il existe cependant des exceptions : dans le marketing, les femmes, qui représentent 53 % des cadres, disposent de salaires inférieurs de 26 %.
Progression ralentie
Les écarts ont aussi tendance à s'accroître avec l'âge.
Ils atteignent 6 % pour les cadres de moins de 30 ans, contre 38 % pour ceux âgés de 55 ans et plus. La valorisation salariale des femmes ralentit à partir de 35 ans.

Chez les hommes, au contraire, le salaire évolue de façon continue avec l'âge.
Les femmes sont, il est vrai, moins nombreuses à encadrer une équipe et à gérer un budget.
Et quand elles le font, l'ampleur de leurs responsabilités est plus restreinte.

LUCIE ROBEQUAIN...LES ECHOS