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jeudi 13 mars 2008

OFFRE D'EMPLOI EN HAUSSE

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TRAVAIL -

L'emploi salarié a progressé de 1,8% en 2007 en France.
[13/03/08 - 09H06 - actualisé à 14:31:00]

327.800 emplois salariés ont été créés l'an passé dans le secteur concurrentiel.
Les chiffres font apparaître une décélération du rythme de créations d'emplois au quatrième trimestre comparé au troisième. Un ralentissement est attendu en 2008
Les créations d'emplois salariés dans le secteur concurrentiel ont progressé de 1,8% en France sur l'année 2007 pour atteindre 327.800, avec une hausse de 0,3% sur le seul quatrième trimestre (+53.800), selon des chiffres définitifs diffusés jeudi par le ministère de l'Emploi.
Ces résultats font apparaître une décélération du rythme de créations d'emplois salariés au quatrième trimestre comparé au troisième, alors que les données provisoires de mi-novembre montraient une stabilité.
Dans tous les cas, l'économie française a créé sur l'ensemble de l'année dernière plus d'emplois qu'elle n'en a détruit et a dépassé sa performance de 2006 (+228.300).
La France comptait ainsi plus de 18 millions de salariés fin 2007, selon la Dares.
Accélération des créations d'emplois, pour l'Unedic
L'Unedic, dont le champ est légèrement plus étroit que l'Insee et couvre les entreprises affiliées à l'assurance chômage, a fait état d'une accélération des créations d'emplois salariés au quatrième trimestre ( 0,5% sur un trimestre), avec 90.400 nouveaux postes.
Sur l'année, les effectifs ont crû de 306.800 personnes (+1,9%), de sorte que l'économie a créé 66.000 emplois de plus qu'en 2006.
L'assurance chômage a totalisé 16.596.400 salariés dans les établissements affiliés fin décembre, "un niveau jamais atteint auparavant", selon le régime d'assurance chômage.
"C'est une très bonne surprise. 2007 est la meilleure année depuis le début du siècle, puisqu'il faut remonter à 2000 pour observer des créations d'emploi supérieures sur un an (593.400 postes)", a indiqué l'Unedic.
Selon l'Acoss, qui fédère les Urssaf chargées de collecter les cotisations sociales et dont le champ est encore différent, l'emploi salarié dans le secteur privé a progressé de 0,6% au quatrième trimestre (+70.000 postes) et de 1,7% (+310.000) sur un an pour atteindre 18,2 millions de salariés.
L'intérim a progressé de 4,6%
Par secteur, l'emploi dans le tertiaire, en augmentation quasi continue depuis la mi-2001, a augmenté de 0,4% sur le trimestre ( 47.600 postes), moins fortement qu'au troisième trimestre, et de 2,6% sur un an, selon la Dares. Le tertiaire a créé 247.600 postes en 2007, après 171.700 en 2006.
L'intérim, comptabilisé dans le tertiaire même quand il s'agit de missions effectuées dans l'industrie ou le bâtiment, a progressé de 4,6% comparé à 2006. Mais, après "la hausse exceptionnelle" du premier trimestre, il a reculé les trois trimestres suivant avec un repli de 1% au dernier trimestre.
La construction, qui crée des emplois depuis le milieu de l'année 2003, a marqué un ralentissement, avec une hausse de 0,7% au dernier trimestre (+10.200 postes), deux fois moindre qu'au troisième, et de 4,2% sur un an. Au total, 58.600 emplois ont été créés dans la construction en 2007, après 59.300 en 2006.
Poursuite de l'hémorragie dans l'industrie
En revanche, dans l'industrie, l'hémorragie entamée depuis six ans s'est poursuivie mais a décéléré comparé 2006: les effectifs ont reculé de 0,3% sur le trimestre (-10.800 postes) et de 1,1% sur un an. Sur l'année, 40.700 emplois ont été détruits dans l'industrie, après 60.600 en 2006. "Il y a un vrai problème de qualité de l'emploi, il ne faut pas perdre de vue les 50.000 emplois détruits dans l'industrie, souvent en CDI, à temps plein, correctement payés, alors que les services à la personne sont en général de l'emploi précaire", a souligné Bernard Van Craeynest (CFE-CGC). Les statistiques des créations d'emplois ne disent rien cependant de la nature des emplois. Or, a récemment rappelé François Chérèque (CFDT), "on assiste à un développement de l'emploi précaire, 70% des embauches se faisant en CDD, et à un développement des temps partiels imposés".
Ralentissement attendu en 2008
Autre point noir, les économistes, y compris à l'Unedic, tablent en 2008 sur des créations d'emploi bien moins dynamiques et sur une moindre baisse du chômage, sur fond de dégradation de la conjoncture économique mondiale. "On ne pourra pas compter éternellement sur le bâtiment pour voler au secours d'un emploi défaillant", a prévenu Alexander Law, économiste de la société d'études Xerfi, pour lequel "il ne faut pas s'attendre à de nouvelles créations de postes massives". De son côté, l'OFCE table sur "environ 150.000 créations d'emplois, deux fois moins qu'en 2006".

les échos.fr(source AFP)